Les discussions au sein du Nouveau Front populaire (NFP) pour désigner un candidat au poste de Premier ministre restaient bloquées vendredi malgré plusieurs jours de négociations alors que le camp présidentiel s'organise en vue de la nouvelle législature à l'Assemblée nationale qui doit débuter le 18 juillet.
Alors que certains au sein du NFP avaient évoqué la fin de semaine pour présenter un nom, l'heure est désormais à la temporisation.
"Je préfère ne pas fixer de 'deadline'", a dit vendredi le coordinateur de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard sur TF1. "La discussion avance positivement (mais) je vous rappelle qu'en Europe, il faut parfois plusieurs mois pour constituer un gouvernement".
Même écho du côté de Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, qui a elle aussi évoqué sur BFMTV/RMC les autres exemples des pays européens.
"On est en train de construire une coalition dans une culture institutionnelle qui n'a jamais fonctionné comme ça et donc c'est normal que des choses prennent du temps", a-t-elle dit.
Les discussions achoppent entre les deux principales composantes du NFP, le LFI et le Parti socialiste (PS), qui se disputent la candidature à Matignon. Selon Le Monde, qui cite plusieurs sources, LFI a proposé jeudi une liste de quatre noms, incluant celui de Jean-Luc Mélenchon, qui fait pourtant office de repoussoir au sein même de l'alliance de gauche.
Le PS pousse pour sa part une candidature de son premier secrétaire Olivier Faure qui s'est dit prêt en début de semaine à assumer la fonction.
L'approche de la prochaine législature au Palais-Bourbon, qui débutera jeudi prochain à 15h00 (13h00 GMT), accentue la pression sur le NFP.
ATTAL EN VUE À L'ASSEMBLÉE
Le 18 juillet sera élu le ou la président(e) de l'Assemblée nationale et les spéculations vont bon train sur une démission du gouvernement la veille, afin de permettre aux 17 ministres réélus députés de prendre part à ce vote crucial.
Ce scénario permettrait d'instaurer un gouvernement démissionnaire chargé des affaires courantes tout en permettant à la nouvelle législature de se mettre en place, notamment avec les nominations de nombreux postes clés.
Le Premier ministre Gabriel Attal, dont la démission a été refusée lundi par le président Emmanuel Macron, prépare déjà la suite. Réélu député dans les Hauts-de-Seine, il a confirmé vendredi qu'il serait seul candidat à la présidence du groupe du parti présidentiel Renaissance à l'Assemblée nationale alors que l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin figuraient parmi les noms évoqués.
"J'assumerai mes fonctions de Premier ministre tant que le devoir l'exigera", écrit-il dans une lettre adressée aux députés du groupe Renaissance.
"Je pourrai siéger sur vos bancs dès lors que le Président de la République aura accepté ma démission et qu'avec mon gouvernement, nous expédierons les affaires courantes", ajoute-t-il.
Selon plusieurs médias, une réunion était prévue en fin de matinée entre Emmanuel Macron, des ministres et des cadres du camp présidentiel. Les députés Renaissance sont appelés samedi à élire leur nouveau président au Palais-Bourbon.
(Rédigé par Blandine Hénault)

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